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CHICAGO, L’HÔTEL DE L’HORREUR

Les journaux l’avaient surnommé « le château de Barbe bleue ».

En 1890, Henry Howard Holmes, de son vrai nom Herman Mudget, fait construire à Chicago un immeuble digne des pires films d’horreur.

À l’intérieur, il tue en toute impunité dans des pièces prévues à cet effet et se débarrasse des cadavres dans un sous-sol qui n’a rien à envier aux livres de Stephen King. 

Les États-Unis considèrent Henry Howard Holmes comme le premier tueur en série américain et le pire meurtrier du XIXe siècle. 

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En traversant les époques, l’affaire a fait naître des rumeurs.

Difficile, aujourd’hui, de démêler le vrai du faux.

Mais l’histoire du sanguinaire docteur Holmes n’en reste pas moins ahurissante. 

On connaît peu de choses de l’enfance semble-t-il paisible et banale, d’Herman Mudget. 

À l’exception d’un événement glaçant, et peut-être déterminant, dans son effroyable parcours.   

Mudget naît en 1861 à Gilmanton, un village niché dans vallées verdoyantes du New Hampshire, dans le Nord Est des Etats Unis, pas loin du Canada. Il grandit dans la ferme familiale avec ses trois frère et sœurs. Leur mère, très pieuse, les élève dans la tradition méthodiste.

Enfant, Herman va seul à l’école. 

Il emprunte le chemin terreux qui traverse le village et dessert les habitations. L’une d’entre elles l’effraie.

C’est celle de Monsieur Wight, le médecin. 

Quand il en approche, le petit garçon regarde droit devant lui et ne s’attarde pas.

Un matin, alors qu’il s’apprête à presser le pas devant la propriété, il tombe nez-à-nez avec des camarades. Un sourire narquois barre leur visage. 

Ils empoignent Herman, l’entraînent dans la maison et l’enferment dans un cagibi étroit. 

L’enfant est pétrifié. Des odeurs écœurantes et fortes parviennent à ses narines. 

Alors que ses yeux s’accommodent à l’obscurité, son cœur manque de s’arrêter. 

Dans l’espace réduit, il n’est pas seul. 

Un squelette se tient contre lui, les bras tendus dans sa direction. 

Le cri d’Herman se perd dans le silence. 

Les minutes passent. Étrangement, sa respiration se calme.

La situation apaise le petit garçon. Le squelette, la solitude et l’obscurité lui procurent un sentiment plaisant. 

Son esprit vagabonde quand la porte s’ouvre brusquement. 

Le docteur Wight se dresse devant lui, l’air intrigué. 

Surpris, Herman détale. 

Une vocation est née : il sera médecin. 

À 17 ans, Herman Mudget croise la route de Clara Lovering, une jeune fille de son âge. Ils se marient en cachette et Clara tombe vite enceinte.

Mais Herman a d’autres aspirations que la paternité.

Le jeune homme se désintéresse de sa jeune épouse et se passionne pour les rudiments de la médecine auprès du docteur Wight. 

Puis il poursuit ses études dans une petite université du Vermont, laissant derrière lui femme et enfant.

Herman s’intéresse particulièrement à l’anatomie. Il n’a qu’une hâte : commencer les cours de dissection. 

Passionné de chimie, il s’adjoint les services d’un tuteur privé et transforme la chambre qu’il loue en laboratoire de fortune. 

Les tubes et bouteilles qui jonchent le sol inquiètent sa logeuse.

Mais elle est loin d’être au bout de ses surprises… 

Un jour, elle entre dans sa chambre pour faire le ménage. 

La propriétaire n’aime pas l’ambiance qui règne maintenant dans la pièce, transformée en un dédale de feuilles volantes et de bouteilles en verre. 

Une odeur pestilentielle la prend soudain à la gorge. 

Avec son balai, elle dégage un paquet glissé sous le lit de l’apprenti médecin et soulève du bout des doigts les pans du tissu qui l’enveloppe.

Elle découvre avec horreur le contenu : le corps d’un bébé. 

Herman l’avait emporté pour s’entraîner…

En 1881, il quitte le Vermont pour l’université du Michigan. 

Ironie grinçante, le jeune médecin prend ses quartiers rue du Cimetière. 

Son appétence pour l’analyse du corps humain ne faiblit pas. 

Il devient l’employé du professeur d’anatomie de la faculté et passe le plus clair de son temps dans la salle de dissection, dont il a même les clefs. 

De cet intérêt pour les chairs mortes naît une idée diabolique.

Herman pense pouvoir tirer un profit non négligeable de cadavres en bernant des sociétés d’assurance vie.

Il monte un coup d’essai avec un ami. 

Ce dernier souscrit un contrat d’assurance pour 40 000 dollars et disparaît subitement.

C’est là qu’Herman entre en scène.

Fort de ses relations, le médecin se procure un macchabé fraîchement enterré et maquille le corps pour qu’il ressemble à l’ami faussement décédé.

Les complices se partagent la somme rondelette.

L’ami devra vivre caché ou dans un autre état.

Aujourd’hui, mettre au point une telle arnaque serait impensable. Mais à la fin du XIXe siècle, il était plus facile de passer sous les radars des institutions.

Herman répètera cette escroquerie à de nombreuses reprises.

Il décroche son diplôme de médecin en 1884, à 23 ans.

Après avoir travaillé deux ans non loin de la frontière canadienne, il fait ses bagages et change de nom. 

On n’entendra plus jamais parler d’Herman Mudget.

Il s’apprête à mener une nouvelle vie effroyable.

Au printemps 1886, un certain Henry Howard Holmes pose ses bagages à Englewood, une ville de la banlieue sud de Chicago. 

Vêtu de complets gris agrémentés de cravates sombres, l’homme présente bien. 

Un léger strabisme entache à peine son regard bleu.

Il porte une épaisse moustache qui dissimule sa lèvre supérieure et retombe de part et d’autre de sa bouche.   

En cette fin de décennie 1880, Chicago se remet encore du terrible incendie qui l’a dévastée 9 ans plus tôt. 

Pendant trois jours infernaux, le feu a tué 300 personnes, détruit près de 20 000 bâtiments, et mis à la rue un habitant sur trois. 

Depuis, la cité martyre est devenue l’une des plus modernes du continent américain et le centre du développement architectural. 

Les promoteurs ont appris de leurs erreurs. On ne construit plus en bois mais en acier. 

Les abattoirs tournent à plein régime et expédient de la viande à New York grâce à des wagons réfrigérés. 

La deuxième révolution industrielle est amorcée.  

C’est le début des lumières au gaz et de l’électricité. 

Mais ils sont encore réservées à l’élite, comme le téléphone et la voiture. 

Dans les rues, les sabots des chevaux martèlent toujours le sol et dans les foyers, on s’éclaire à la bougie et à la lampe à huile. 

En 1882, Englewood comptait 2 000 habitants. 

Quand Holmes s’y installe, ils sont près de 50 000.

Les terrains vagues à reconstruire sont nombreux. 

D’ailleurs, le médecin en a repéré un en face de la pharmacie dans laquelle il exerce. En 1887, il en fait l’acquisition. 

Cet achat marquera à jamais la ville de Chicago. 

Pour mener à bien son projet colossal, Holmes emprunte et s’endette. 

Le médecin dessine les plans d’un immeuble de près de quarante mètres de long sur quinze mètres de large. 

Il supervise les travaux et engage plus de 500 ouvriers. 

Les rotations sont très fréquentes. Comme si Holmes tenait à ce qu’on ne comprenne pas l’agencement des nombreuses pièces qu’il a imaginées…

En 1890, la bâtisse en briques est érigée. 

De larges fenêtres géométriques couvrent ses façades. Au rez-de-chaussée, une galerie marchande luxueuse avec des magasins équipés de comptoirs en marbres et de stores colorés. On fait la queue devant le nouveau restaurant et la confiserie. Les clients se perdent dans les parfums enivrants de la savonnerie et dépensent leur argent à la bijouterie, quand ce n’est pas à la pharmacie et chez le barbier.

Le bâtiment est doté de technologies du dernier cri. 

Installation rare pour l’époque, le gaz et l’électricité peuvent être contrôlés de toutes les pièces. Les salles de bain abritent des chaudières et sont reliées par un réseau de canalisations réservées aux eaux usées. Les deux étages supérieurs sont destinés aux appartements du médecin et aux bureaux.

Henry Howard Holmes devient un entrepreneur respecté au commerce florissant. 

Personne ne se doute qu’il tire sa fortune d’arnaques plus inventives les unes que les autres. Holmes roule son monde. 

Adepte de la location, il préfère revendre les objets qu’il emprunte et achète à crédit du mobilier qu’il ne rembourse pas. Il vante les mérites d’un générateur de gaz censé transformer un peu d’eau en une grande quantité de combustible. 

Un autre jour, il affirme avoir trouvé un remède à l’alcoolisme et à la vieillesse. Le breuvage, en vente dans sa pharmacie, n’est que de l’eau du robinet parfumée aux herbes.

Escroc jusqu’au bout des ongles, Holmes se grime.

Il possède une grande collection de postiches et de lentilles de contact. 

Parfois, il entre dans la pharmacie, monte à son bureau et ressurgit vingt minutes plus tard dans le hall, méconnaissable. 

Pour se déplacer rapidement d’un point à un autre, il a fait construire un escalier dérobé et installé plusieurs trappes. Dans sa salle de bains, l’une d’entre elles mène directement au sous-sol…le sous-sol de l’horreur car ce magnifique bâtiment a aussi été pensé pour…tuer.

Holmes a beau être marié, il multiplie les conquêtes et prend une seconde épouse.

Ses aventures extra conjugales, il les vit avec les employées de ses boutiques, souvent de très jeunes femmes. 

Au fil des années, plusieurs disparaissent mystérieusement.

En 1890, Holmes engage une certaine Julia Connor comme caissière, mère d’une petite fille. 

Elle devient vite sa maîtresse. Quand elle tombe enceinte, le médecin propose de l’avorter. 

Julia Connor meurt sur la table d’opération. Quant à sa fille de cinq ans, Holmes l’empoisonne. 

On ignore si Julia et son enfant sont les premières victimes du médecin. 

Ce qui est certain, c’est qu’elles ne sont pas les dernières.  

Pour tuer discrètement dans son immeuble, Holmes a conçu un véritable labyrinthe où se cachent des trappes et des passages étroits, des pièces aux dimensions variées et des chambres secrètes. 

Au premier étage, certaines sont insonorisées ou hermétiques. 

Dans une autre, un coffre géant occupe presque tout l’espace. Holmes y a installé une arrivée de gaz. 

Un jour de décembre 1892, il y fait entrer Emeline Cigrand. 

À 19 ans, la jeune femme fraîchement diplômée en dactylographie travaille pour Holmes. Elle a cédé à ses avances peu de temps après son arrivée. 

Mais voilà qu’Emeline doit en épouser un autre. Holmes ne l’entend pas de cette oreille.

Comme le mariage approche, le médecin lui demande en cet après-midi froide d’aller chercher des documents importants dans la chambre forte. 

Il la suite à tâtons, puis ferme la porte derrière elle. 

Prise au piège, la jeune femme tambourine sur les murs. 

Elle s’arrête soudainement, surprise par une odeur oppressante. 

Depuis une autre pièce, Holmes a ouvert le gaz.

Peu à peu, les cris d’Emeline s’étouffent. 

La jeune femme gît au sol. Morte.

Holmes n’aura pas de mal à déplacer son corps.

Il a mis au point un système cruellement ingénieux : un passe-plat à taille humaine fait circuler les cadavres des étages au sous-sol grâce à des glissières savamment installées. 

C’est à la cave qu’Holmes donne libre court à ses activités les plus sanguinaires. Les pièces situées sous terre sont destinées aux basses besognes.  

Un crématoire creusé dans le mur permet de brûler les chairs. Un peu plus loin, des marches mènent à une sous-cave éclairée aux flambeaux sous des voûtes en briques. Là, deux cuves contiennent de la chaux vive et de l’acide. 

Quand il ne dissout pas les chairs et ne brûle pas les restes, Holmes enterre les corps directement dans le sol. 

À côté des cuves se tient une table de dissection.

Comble de l’horreur, Holmes embauche un homme pour réassembler certains squelettes de ses victimes. Il les vend à des écoles de médecine entre 24 et 45 dollars pièce. 

Pour Holmes, aucun bénéfice n’est obsolète : il fait travailler ses victimes et vend leurs dépouilles. 

L’année 1893 approche.

Et avec elle son lot de festivités. 

Du mois de mai au mois d’octobre, Chicago accueillera l’exposition universelle. Holmes voit une nouvelle opportunité pour faire fructifier son pécule, et qui sait, donner libre cours à sa folie meurtrière.

Il fait ériger un troisième étage au bâtiment qui a fait sa célébrité et loue ses 37 pièces aux nombreux visiteurs de l’exposition.

À l’issue des célébrations, 50 personnes auront disparu. 

Se seraient-elles perdues dans le labyrinthe du docteur Holmes ? 

En ce début d’année 1894, Holmes a besoin de liquidités. 

Depuis quelques temps, il élabore ses arnaques avec un complice. 

Benjamin Pitezel a émigré à Chicago avec sa femme et ses cinq enfants. 

Alcoolique, il ne garde jamais bien longtemps ses emplois et exécute sans sourciller les besognes que lui propose Holmes.

Tous deux s’apprêtent à monter une énième escroquerie à l’assurance-vie.

Cette fois-ci, Pitezel aura le rôle du mort. Sa famille est mise au courant. 

Les compères s’établissent à Philadelphie à la recherche d’un cadavre.

Mais rien ne se passe comme prévu. 

Car c’est un projet autrement plus diabolique qu’a élaboré Holmes.

À Philadelphie, le médecin pousse chaque jour son acolyte à boire un peu plus. 

Un matin, il monte à pas de loup l’escalier qui mène à la chambre de Pitezel. 

Un épais silence règne. Holmes pousse délicatement la porte. 

Dans la pièce, l’air est vicié. Les émanations d’alcool se mêlent à la chaleur. 

Benjamin est assoupi sur une chaise. 

Holmes lui ligote précautionneusement les pieds et les mains et sort de sa poche une fiole de chloroforme.

Il verse une dose de l’anesthésique sur un mouchoir et l’applique sur le nez et la bouche de son complice. Assommé par l’ivresse, Pitezel ne réagit pas. 

Holmes réitère l’opération et augmente progressivement la quantité de chloroforme. Le médecin le sait : trop dosé, le produit est mortel. 

Les traits de Pitezel se détendent, son corps s’affaisse.

Holmes sent la fin proche. Il verse du chloroforme dans la gorge de son ami. 

Le cœur de Benjamin Pitezel cesse de battre. 

La mort doit paraître accidentelle. 

Holmes a tout prévu.

Il casse une bouteille de benzine, un hydrocarbure, dépose sur la table une allumette craquée et une pipe avant de brûler une partie du visage et des cheveux de Pitezel. 

La police croira à une malencontreuse explosion.

Une fois le corps de Benjamin Pitezel découvert, Holmes continue de dérouler son plan. 

Pour que les fonds de l’assurance vie soient débloqués, deux personnes doivent reconnaître le défunt. 

Holmes se présente à la morgue, les dents jaunies et des lentilles marrons apposées sur les yeux. Alice, l’une des filles de Pitezel, l’accompagne. L’adolescente de 15 ans connaît la supercherie. 

Elle pense que l’homme étendu sur la table n’est pas son père, mais leur ressemblance la trouble. 

Comme prévu, Benjamin Pitezel est déclaré mort.

La suite du plan initial était simple : la femme et les enfants de Benjamin devaient le retrouver à Indianapolis où ils allaient refaire leur vie. 

Holmes y emmène Alice, Nellie et Howard Pitezel. 

Leur mère ne les reverra plus. 

À Philadelphie, la police n’est pas convaincue de l’identité du cadavre de Benjamin Pitezel. L’inspecteur Franck Geyer dirige les opérations.

Un avis de recherche est lancé contre Holmes.

Mais le médecin a déjà pris la tangente sous un autre nom.

Geyer se lance à sa poursuite à travers les États-Unis.

Il retrouve sa piste à Toronto, où Holmes a loué une maison. 

Les enquêteurs sont à l’affût du moindre indice. 

Dans la cave humide et obscure, la terre a été fraîchement retournée. 

Une odeur incommode les policiers. Plus ils creusent, plus elle est insoutenable. À un mètre de profondeur, leurs pelles heurtent un obstacle. 

De petits membres pâles apparaissent. 

Les corps en décomposition d’Alice et Nelly Pitezel sont mis au jour. 

L’horreur ne s’arrête pas là.

À Indianapolis, les enquêteurs retrouvent la dépouille du petit Howard. 

Les restes du garçon de 8 ans ont été brûlés dans l’âtre d’une cheminée. 

Henry Howard Holmes est arrêté à Boston, le 17 novembre 1894. 

Six mois plus tard, il est condamné à deux ans de prison après avoir plaidé coupable pour escroquerie à l’assurance vie. 

Mais la justice n’en a pas fini avec lui.

À Chicago, l’enquête avance. 

Les inspecteurs ne savent plus où donner de la tête.

Ils apprennent le vrai nom de Holmes, les nombreux pseudonymes qu’il utilisait et font la lumière sur l’empire financier qu’il avait construit.

En centre-ville, le médecin possédait d’autres boutiques : une échoppe, un magasin de bonbons, une fabrique de verre courbé et de cigares…

Toutes ces propriétés, Holmes les a acquises frauduleusement.

Les policiers comptabilisent 60 procès engagés contre lui depuis son arrivée à Chicago.

Mais les pires découvertes sont celles du « château de la mort ».

À l’été 1895, les gros titres s’enchaînent dans tout le pays.

Cinq mille personnes se pressent pour visiter l’immeuble contre quelques centimes. 

Dans la cave, les enquêteurs trouvent de nombreux ossements humains, des vêtements ensanglantés, des bijoux et une trace de pas saisie dans la chaux vive.  

On parle de dizaines, voire de centaines de meurtres. 

Au grand dam des enquêteurs, plusieurs explosions mystérieuses détruisent la bâtisse, et par la même occasion les dernières preuves. 

Holmes sera jugé pour la mort d’un seul homme : Benjamin Pitezel. 

Le procès du docteur Holmes s’ouvre à Chicago en octobre 1895.

Il plaide non coupable. 

La presse décrit comme un « homme aux nerfs d’acier » celui qui souhaite dans un premier temps assurer seul sa défense. 

Malgré les maigres preuves, le jury le reconnaît coupable.

Holmes est condamné à mort. 

En détention, le médecin attend calmement sa dernière heure. 

Il prend du poids, écrit un livre dans lequel il plaide son innocence et organise son enterrement.

L’attrait du public pour l’affaire ne cesse de croitre. 

Son avocat reçoit tous les jours des propositions pour assister en priorité à l’exécution ou obtenir en exclusivité ses confessions. 

Depuis sa cellule, Holmes négocie. 

La mort approche, mais après tout, il n’y a pas de petit profit…

Il finit par rédiger des confessions douteuses, dans lesquelles il avoue 27 meurtres, contre plus de 7000 dollars.

Elles sont publiées dans trois journaux.

Le 7 mai 1896, Holmes est pendu quelques jours avant ses 35 ans.

Conformément à ses souhaits, son corps est coulé dans du mortier à même le cercueil et recouvert de ciment.

Holmes craint une autopsie fortuite et les voleurs de cadavres. 

Mais la rumeur enfle : le médecin n’aurait pas été exécuté et un autre homme aurait été enterré à sa place. 

En 2017, son corps est exhumé.

Grâce au béton, les vêtements et la moustache du mort sont intacts. 

Et les résultats des analyses sont sans appel : Henry Howard Holmes n’a pas échappé à son destin. C’est bien lui qui repose dans un cimetière de Pennsylvanie, sous une pierre vierge. Quant à son château, les derniers vestiges ont été détruits en 1938, emportant avec eux les derniers secrets du terrible docteur.

Auteur : Manon Gauthier Faure

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