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LA VRAIE STORY DERRIÈRE, STRANGER THINGS !

On voit une jeune femme.

Elle se nomme Terry.

Elle a les yeux bleus.

Elle fixe un téléviseur. Sans le regarder.

Elle ne réagit pas, ne bouge pas, totalement mutique, catatonique.

Terry est dans un autre monde.

Une autre dimension.

Elle n’est pas dans le coma.

Elle est ailleurs.

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C’est Becky, sa sœur, qui s’occupe d’elle. Lui permet de se nourrir, se laver, dormir…

Et c’est Becky qui raconte ce qu’il s’est passé.

Terry a participé, volontairement, elle était payée 200 dollars, à un programme dirigé par les services secrets américains. La CIA. Il s’agissait d’expériences sur le cerveau. Comment le manipuler. Contrôler les pensées. Tout cela dans le but de lutter contre le communisme.

Les expériences étaient délirantes.

Terry a consommé des psychotropes, notamment du LSD. Elle a été enfermée nue dans des caissons d’isolation sensorielle…

Résultat ?

Résultat…Terry est partie réellement dans une autre dimension.

Mais elle n’est jamais revenue…

L’histoire est aberrante. La CIA aurait manipulé des citoyens américains ? Les aurait transformés en rats de laboratoire ? Leur aurait déglingué le cerveau avant de les abandonner ?

Science-fiction complotiste pour adolescents attardés…

Et bien non.

Les scénaristes de Stranger Things partent d’une histoire bien réelle.

Le programme de la CIA a bel et bien existé. Il  se nommait MK Ultra.

Des centaines de citoyens en ont été les victimes.

Tout commence au début des années 50. On sort de la seconde guerre mondiale et le monde est divisé en deux.

Nous avons le monde communiste d’un côté, avec les chinois et les soviétiques. Et le monde capitaliste de l’autre, avec les américains et les européens.

Ces deux mondes se font une guerre que l’on nommera la guerre froide. Ce n’est pas un conflit direct. Les deux parties possèdent désormais l’arme atomique et une guerre frontale entraînerait…et bien la fin de l’humanité…donc on ne s’entretue pas directement. C’est l’équilibre de la terreur.

En revanche, la guerre se passe de façon plus sournoise.

Sur le terrain diplomatique, on influence d’autres pays pour les ramener dans son camp. C’est aussi une guerre d’espionnage, bien sûr, de déstabilisation, de manipulation …et sur le terrain, la guerre se fait par pays interposés.

Comme avec la guerre de Corée de 1950 à 1953.

Les communistes au nord contre les capitalistes au sud (je résume bien sûr).

Les américains envoient des troupes pour soutenir la Corée du sud.

Et c’est là que nous en arrivons à l’événement qui va in fine, donner naissance à Stranger Things.

Des soldats américains sont donc présents en Corée. Ils se battent avec les sud-coréens contre les nord-coréens.

Evidemment, des soldats américains sont capturés et emprisonnés au nord.

Et c’est alors que l’impensable se produit.

Des films, tournés par les services nord-coréens,  sont diffusés. On y voit des soldats américains, prisonniers, qui se rebellent contre leur propre pays ! Ils accusent ouvertement l’Amérique, de massacrer des enfants, de raser des villages, d’utiliser des armes chimique…bref, des soldats américains accusent l’Amérique…de crimes contre l’humanité.

Des boys qui se retournent contre les Etats Unis !

Comment est-ce possible ?

Une nouvelle expression va naître : « Le lavage de cerveau ».

On peut manipuler des cerveaux. On peut contrôler les pensées. On peut transformer profondément un homme.

C’est ce qui est arrivé à ces pauvres soldats américains !

On les a complètement retournés ?

Mais comment a-t-on fait ?

Panique à la maison blanche ».

Si les communistes sont capables de faire changer des soldats américains, demain, ils parviendront à manipuler le monde entier ! Nous allons tous devenir communistes sans même nous en rendre compte !

Les communistes savent laver les cerveaux.

Pas nous.

Il faut s’y mettre.

Et il faut s’y mettre, maintenant !

La CIA est mandatée.

Elle va créer un programme qui s’appellera d’abord Blue Bird, puis artichaut…et finalement, en avril 1953, il est lancé sous nom définitif : MK Ultra.

Nous y sommes.

L’homme qui dirige ce programme est le docteur Sidney Gottlieb.

Le but ? Développer des techniques de contrôle et de manipulation mentale.

Dans quel domaine de recherche va-ton travailler ? Tous ceux qui touchent de près ou de loin au cerveau : psychiatrie, psychologie, chimie, hypnose…on dérive sur le paranormal, la télékinésie…

Gottlieb recrute des chercheurs. Il s’adresse aux meilleurs, aux plus reconnus. Certains rechignent à travailler sur un programme aussi opaque, mais Gottlieb obtient des budgets…très généreux…et les montants attirent plus d’un professeur jusque-là méfiant…

On va même exfiltrer d’Europe des savants nazis, connus pour avoir pratiqués des expériences abominables dans des camps de concentration mais…dont les résultats peuvent servir.

Tout est bon pour les intérêts de la nation…même le recrutement de criminels de guerre.

On a les budgets.

On a les chercheurs.

On crée des bases secrètes.

C’est parti.

La CIA va utiliser des centaines, peut-être des milliers de citoyens américains qu’elle va transformer en cobaye en leur faisant ingérer des psychotropes, notamment un nouveau, découvert quelques années plus tôt en Suisse : le LSD.

Le LSD  est un hallucinogène extremmement puissant. Sans doute le plus puissant qui existe. 

Le trip sous LSD  dure 5 à 8 heures. Modifications de la perception, de l’humeur, de la pensée et perte du sens de la réalité. Le consommateur de LSD a  des visions hallucinatoires colorées, une distorsion des objets, de l’espace et du temps, une amplification ou un assourdissement des sons ambiants. Lorsque l’effet s’estompe, le retour à la réalité peut être fort déplaisant, avec un état de confusion mentale, des angoisses, des crises de panique, etc. Cet état peut être durable.. Le sujet peut être victime d’hallucinations effrayantes. Parfois, l’anxiété peut aller jusqu’à la crise de panique, avec le risque que le sujet ne mette fin à ses jours.

On le sait.

Et pourtant, malgré les risques…on n’hésite pas.

On commence dans 40 universités. 40 ! 

Les étudiants sont rémunérés pour tester les drogues…autant dire qu’à l’aube des années 60, les volontaires se pressent en nombre. Détail amusant, c’est grâce à ces expériences que le LSD se popularisera dans la jeunesse contestataire américaine qui y voit la drogue ultime, celle qui ouvre les portes de la perception, comme disait Jim Morrison…une expérience de la CIA a donc été l’un des vecteurs du mouvement hippie…

Et ça continue.

Aux yeux de l’agence, n’importe quel être humain peut convenir à l’affaire. On expérimente à tour de bras. Les propres fonctionnaires de la CIA sont mis à contribution. Le protocole scientifique tourne à la farce. Au cours de séminaires, on verse du LSD dans les verres des salariés. Ils ne sont prévenus qu’après avoir avalé la drogue.

Premières dérive.

Premier cas grave. Premier mort connu.

Il se nomme Franck Olson, un spécialiste en armes bactériologiques. 

Il goute mal l’expérience…Frank se renferme sur lui-même et bascule dans la dépression. Plusieurs jours  après l’ingestion de la drogue,  son état ne connaît aucune amélioration. Ses supérieurs s’inquiètent et l’envoient consulter à New York. Des agents sont chargés de le surveiller, on craint le pire. On a raison. Olson se défenestre de sa chambre d’hôtel. 10 étages : forcément la chute est fatale. L’enquête officielle conclut au suicide. Les preuves liées au LSD sont effacées.

Les expériences ne s’arrêtent pas là. Bien au contraire. La CIA persévère et son champ d’action semble illimité. Hôpitaux, casernes militaires, prisons…

A l’hôpital fédéral de Lexington dans le Kentucky,  le docteur Harris Hisbell applique à la lettre l’expression « traiter le mal par le mal ». Sous prétexte d’étudier les effets de l’addiction,  il administre de forts cocktails de drogues à des patients atteints de toxicomanie. La plupart des cobayes sont des afro américains. Dans une société gangrenée par la ségrégation raciale, on n’hésite pas à traiter les noirs comme de véritables rats de laboratoires. 

Autre cas dramatique : celui de l’Alan mémorial institut à Montréal. L’endroit est de toute beauté : une bâtisse gothique nichée au sein d’un écrin de verdure. Qui pourrait se douter qu’aux seins de ses murs se trament les pires atrocités?

 Le docteur Donald Ewen Cameron est aux manettes de l’établissement. Président de l’association internationale de psychiatrie, le savant jouit d’une réputation sans faille.  Cameron ne manque pas d’idées. Il élabore bon nombre de théories dont celle ci : Si le cerveau humain est défectueux, il faut le reprogrammer. Un peu comme lorsqu’un ordinateur fait des siennes. Pour obtenir un appareil flambant neuf , la solution est de remettre les compteurs à zéro!  


Et comment procède-t-on ?  Le patient est plongé  dans un état de sommeil artificiel  pouvant durer des semaines, voire des mois. Ensuite viennent les séances d’électrochocs. Trente à quarante fois plus fortes que la normale, celles-ci peuvent se succéder durant de longues périodes. Pour pimenter le tout, le docteur Cameron agrémente sa formule de LSD et autres psychotropes.  Il ne rechigne pas non plus à user de la privation sensorielle. Tout est conçu pour que l’individu parvienne à un « état végétal ». On va jusqu’à  assener à l’aide de hauts parleurs cachés dans les lits, des messages répétés en boucle. 

L’exercice ne relève plus du soin mais de la  torture mentale. Cameron ne manque pas de matière humaine. Aucune distinction n’est faite entre les résidents de l’hôpital.  Chacun peut servir de sujet d’expérience. Il suffit d’une seule défaillance… Une femme souffrant de dépression postpartum, un adolescent en révolte contre ses parents, un homme atteint d’asthme… Ils se comptent par centaines. 

La plupart ne reviendront  pas indemnes. Certains sont devenus de véritables zombies, d’autres sont pris d’accès de violence incontrôlable. Un grand nombre d’entre eux sont incapables de se laver et souffrent d’incontinence. Pour payer leurs soins, des familles sombrent dans la pauvreté. Il leur faudra attendre des décennies avant de pouvoir réclamer justice.  

La chose est d’autant plus sinistre quand  on se penche sur le passé du bon docteur Cameron. Il a fait partie en 1946 du jury chargé du jugement des criminels de guerre nazis lors des procès Nuremberg. 

1964. Le programme MKUltra prend officiellement fin. Le LSD, perd de son aura. Les scientifiques réalisent trop tard leur erreur. La drogue altère le jugement. Elle déclenche l’anxiété et la paranoïa. Cest pas avec une drogue aussi dangereuse qu’on inventera une super arme psychique. L’enthousiasme retombe aussi vite qu’il était monté. 

Le dossier de MK Utra est remisés aux archives. Peu de citoyens américains ont entendu parler du programme. On évoque à mi mots des expériences loufoques menées entre agents des stups; des orgies de mescaline et de LSD organisées en haut lieu afin de satisfaire les plaisirs débridés de quelques  politiciens véreux! 

Mais l’histoire tient avant tout de la blague. Qui pourrait croire à de telles âneries?   

Les années passent et l’insouciance des sixties fond comme neige au soleil. 

Au cours des années 70, les États Unis traversent une période de profonde remise en question. Le scandale du watergate ébranle la confiance des américains. Leur gouvernement n’est pas aussi immaculé qu’il le prétend. La méfiance s’installe…De quelles autres noirceurs les autorités sont-elles donc capables?

1972. Richard Helms, le directeur de la CIA sent le vent tourner. Il le sait : tôt ou tard on viendra lui réclamer des comptes, il faut prendre les devants.

 1973.  Le président Ford cherche à regagner la confiance de ses concitoyens. Il  met en place deux commissions d’investigations. Terminé le temps ou la  CIA pouvait  se permettre d’agir en toute impunité, nul n’est au-dessus des lois. Peine perdue. Les enquêteurs ne trouveront rien. Juste avant sa démission, Richard Helms a ordonné  la destruction de la plupart des dossiers liés à MK ultra. 

Mais les interrogatoires se poursuivent. On n’a pas de sossier mais on a des témoins. 

La CIA avoue :  elle a effectivement mis en place une large batterie de tests et d’expérimentations sur des sujets non volontaires. Plus d’une trentaine d’institutions sont trouvées impliquées. 

L’agence de renseignement essaie de se  justifier : La nation était en danger, il était nécessaire de mobiliser la recherche ! 

Mais les tests ont-ils été concluants ? Les interrogés baissent les yeux, ils sont visiblement gênés. Non. Leur valeur scientifique était quasiment nulle.

Les preuves matérielles sont  malheureusement insuffisantes pour inculper qui que ce soit. Quant aux instigateurs de la première heure : les docteurs Gottlieb, Cameron, et Hisbell, et bien d’autres encore, ils profitent d’une retraite confortable ou sont morts de vieillesse. Libres. 

Officiellement MK Ultra a provoqué la mort  d’un seul homme :  le spécialiste en armes bactériologiques Franck Olson. En 1975 sa famille reçoit un dédommagement de 750 000 dollars.  

MK ultra a existé. La chose est certifiée. Mais jusqu’à quel point ? La question reste en suspens. La CIA  maintent une telle nébuleuse autour du projet qu’il est difficile de démêler le vrai du faux. 

En 1994 Eric Olson, le fils de Franck, obtient l’exhumation du corps de son père. Le médecin légiste examine les restes et fait cette troublante observation : Olson avant de tomber du 10eme étage de son hôtel a reçu un coup sur la  tempe gauche.  Un meurtre? La CIA l’a -t-il commandité ? Eric en est persuadé : son père en savait trop, le LSD a servi de prétexte.   

 L’incertitude est un terrain idéal pour qui veut  alimenter les thèses complotistes et en ce qui concerne MK ultra, les théories les plus vaseuses pullulent ! Le projet serait toujours en activité… La CIA a  trouvé le moyen d’implanter des puces électroniques  dans nos cerveaux, Il suffirait d’ un mot et nous voilà métamorphosés en redoutables assassins ! Au sein de laboratoires secrets, les scientifiques du bureau s’adonnent  à des expériences malsaines sur des orphelins sans défense ! Les meurtres perpétrés par Charles Manson et sa famille? MK Ultra ! L’assasinat de JFK? Encore un coups d’MK Ultra! 

La paranoïa se diffuse sans mal dans la culture  populaire. Le cinéma en particulier,  raffole de tout ce qui a trait au complot. On ne compte plus les films qui insèrent une ou deux références à mk Ultra. Un crime dans la tête, L’échelle de Jacob,  American Ultra, les chèvres du Pentagone, la  saga Jason Bourne… Orange mécanique aussi ! Les séries ont bien sûr  pris le relais, Stranger Things fait partie des plus connues mais l’on peut aussi citer Alpha, Fringes, Archer, Sleep rooms… le sujet semble inépuisable. 

Parfois la réalité s’avère être plus terrifiante que la fiction. La CIA n’est pas parvenue à façonner des êtres doués de télékinésie ou de télépathie. 

L’ expérience s’est soldée par un cuisant échec. Mais le pire ne réside pas là. Ces expérimentations digne ont brisé des vies. Les victimes ont pour la plupart  préféré taire leurs souffrances. Ceux qui ont osé porter plainte ont rarement obtenu réparation. Aujourd’hui les protagonistes de l’affaire sont dans leur grande majorité morts et enterrés. Les rares témoignages crédibles se réduisent à peau de chagrin. Progressivement MK Ultra s’efface de l’histoire officielle pour glisser vers la légende…

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