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FRANÇOIS PINAULT, PARTI DE RIEN.

La petite commune de Trévérien va bientôt compter une âme de plus. Il n’y a guère que 770 habitants dans ce village breton situé près de Saint-Malo. Ce matin du 21 aout 1936, alors que le soleil commence à percer l’épaisse couche de nuages, Eugénie Pinault ressent les premières contractions. Mais c’est à quelques encablures qu’elle a voulu accoucher, aux Champs-Géraux au sein de sa famille à elle, les Gabillard. 

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Elle le sent, ce sera un garçon. Ca tombe bien un garçon, ils ont déjà une fille, tout juste âgée de trois ans. C’est un gars qu’il leur faut pour reprendre la ferme plus tard.

Eugénie jette un coup d’œil en direction de la chapelle, les rues sont encore désertes, elle se décide à faire appeler l’accoucheuse. Les serviettes et l’eau bouillante sont prêtes, le travail s’accélère. Les hommes ont déserté la maison, ce n’est pas pour eux cette histoire-là. Eugénie est une femme forte et courageuse, elle supporte les douleurs de l’enfantement. 

Quelques heures plus tard, et c’est un cri perçant qui déchire le jour. L’enfant s’appellera François comme son père, François Pinault, comme le veut la tradition. 

Eugénie est épuisée par cet accouchement, elle est encore alitée mais elle ne tarde pas à remercier le seigneur pour cette nouvelle vie à la ferme. C’est que la famille est solidement ancrée dans la religion catholique. Ici, sur cette terre bretonne des côtes d’Armor, on ne badine pas avec la foi. Chaque belle chose est un cadeau de Dieu, chaque épreuve est envoyée du ciel. Plusieurs membres de la famille sont des gens d’église.

François le père, relativement autoritaire suit de loin en loin, les évènements de Paris, ceux liés au Front populaire. Il ne sait pas encore quoi penser de ce Léon Blum qui a remporté les élections législatives. 

Il comprend que le président du Conseil veut donner des congés payés aux ouvriers et limiter la semaine de travail à quarante heures. Comme si ici, on comptait ses heures !  

Pinault père est lui-même fils de paysan, la terre il connait mais il s’est aussi lancé dans le négoce de bois qui rapporte plus. La ferme familiale à la Cour Heuzé, continue à tourner du lever du jour au coucher du soleil. Ici la vie est modeste, même si chez les Pinault on n’est pas les plus pauvres du village. Il y a même l’électricité et l’eau courante.

Le petit François grandit et la famille s’est élargie de deux autres enfants. Le galopin, qui ne parle que le gallo, le dialecte local, aime trainer dès les premières heures du jour, avec l’ouvrier agricole qui s’occupe des bêtes. Il le regarde traire de ses mains habiles les vaches de la ferme. Et c’est si bon le lait tiède. Le petit garçon aide à ramasser les pommes de terre et rentrer le foin. Il adore ça, il se sent utile.

Mais à l’âge de cinq ans, c’en est fini de la liberté, il faut rejoindre les autres gamins à l’école communale, celle de Trévérien. C’est là qu’il apprend le français et qu’il se confronte à la rudesse des rapports entre garçons en culottes courtes.  François montre très vite de bonnes dispositions en calcul comme en dictée. Ses résultats sont bons même si le gamin affiche un caractère rebelle. Jamais le dernier dans la cour de récré. 

Il a à peine plus de dix ans quand la famille l’envoie à Saint-Martin, un collège religieux à Rennes. La guerre vient de s’achever. Dans la famille, on a traversé cette période noire avec les produits de la ferme. Mais en réalité, les Pinault ont caché des aviateurs anglais. Ils ont failli en perdre la vie. Quand les allemands ont inspecté l’exploitation à la recherche de l’ennemi, ils ont frappé le père pour faire parler le fils. Mais on sait se taire chez les Pinault.

Dorénavant, le jeune François ne retrouvera pas, chaque soir, l’atmosphère de la ferme et la voix consolatrice de sa mère, c’est la pension qui l’attend, il n’y a pas le choix. Il ne rentrera que pour les vacances et n’aura droit qu’à une visite par mois. Chez les Eudistes, cette congrégation qui forme le clergé, c’est ainsi, chaque journée débute par une messe, et tout l’enseignement tourne autour du catholicisme.

 Rennes est un autre monde que celui de Trévérien. Et ça se voit vite. Parce qu’il semble un peu mal dégrossi, moins bien vêtu que ses camarades, le jeune garçon fait l’objet de railleries de la part de ceux qui viennent de la ville. On se moque de lui mais aussi de sa mère mal fagotée qui vient le voir au parloir un jeudi par mois. Alors mère et fils s’échappent jusqu’au petit café de la mairie où madame Pinault déballe le petit frichti qu’elle lui a apporté. C’est écrit sur le panneau : « Ici on peut apporter son manger ». Bien souvent, elle sort quelques sous et commande un jus de fruit. Les autres vont au restaurant. François ne veut pas décevoir sa mère et ne se plaint pas des humiliations répétées qu’il subit. Il serre les dents et encaisse. Le silence encore et toujours. Ses bons résultats en français lui permettent d’entrer au lycée. C’est une fierté pour toute la famille. Mais le fossé ne cesse de se creuser entre ces jeunes hommes bien nés et lui considéré comme un paysan. Il en souffre et le dira des années plus tard :« J’ai découvert de jeunes bourgeois qui étaient convaincus d’être à leur juste place et qui traitaient ceux qui n’appartenaient pas à leur milieu comme une race inférieure. J’étais malade à en crever ». C’en est trop. François vient d’avoir 16 ans et décide de quitter l’ancien couvent des capucins dans lequel il se sent trop malheureux. Sans compter ce que cela coûte financièrement à ses parents. Il préfère aider son père à l’entreprise. Et tant pis s’il n’obtient même pas son brevet, il échoue ainsi au seul examen qu’il passera dans sa vie hormis le permis de conduire ! 

Mais la vraie rupture dans sa vie viendra trois années plus tard. La guerre d’Algérie est déclarée, il veut s’engager. Son père s’y oppose, il a connu deux guerres et ne comprends pas pourquoi son fils irait rejoindre un conflit qui les concerne si peu. Mais le jeune François, aspiré par des envies d’ailleurs ne l’écoute pas. Devancer l’appel, oui c’est ce qu’il s’apprête à faire. C’est aussi un moyen d’échapper à l’emprise du père et fuir une vie sans horizon autre que la Cour Heuzé. C’est fuir les disputes incessantes avec le paternel au parler rugueux. Le jeune homme achète un ticket et grimpe dans l’autocar, direction la caserne de Rennes. Il a 19 ans et pour la première fois de sa vie, il sort de sa Bretagne natale, prend le train pour Paris. D’une gare à l’autre, il essaie d’entrevoir la capitale à travers les vitres du véhicule qui transporte les conscrits. Paris, pensez donc, pour un petit breton !

En route pour l’aventure, Marseille, Alger, Blida ! C’est un choc, les arbres ne ressemblent en rien à ceux qu’il connait. Ici ce sont des oliviers, la terre est sèche, pas comme la sienne. La misère est sans aucune mesure avec celle qu’il a entr’aperçu jusqu’alors. Les gamins, en guenille, courent pieds nus mais ce ne serait rien sans les horreurs de la guerre. Le jeune homme ne découvre pas seulement la terreur et les combats mais la nature humaine. Ecrasé par la chaleur, il apprend qu’il y a deux genres d’hommes : ceux sur qui on peut compter et les autres. C’est ce qui guidera le reste de sa vie. Il sait les flairer les traitres, repérer les courageux. Alors, il se fait la promesse de ne jamais dépendre de personne. Surtout, il apprend à tuer. Pour surmonter sa peur, arme à la main, il se le répète en boucle : « C’est lui ou moi ». Il retiendra la leçon y compris dans le monde des affaires.

Quand, à 22 ans, il rentre en Bretagne, après trente mois de guerre, il est un autre. Il veut appliquer cet engagement qu’il a pris de ne compter que sur lui-même. 

Les disputes avec son père reprennent de plus bel. François fils veut moderniser la scierie familiale. François père ne veut pas en entendre parler. L’opposition entre les deux hommes ne dure pas, le patriarche disparait tragiquement après une piqûre de frelon. 

Le futur milliardaire ne renonce pas à ses projets d’indépendance. Il a, chevillé au corps, cette volonté de réussir. Faire plus que son père, faire mieux que tous ces blancs-becs de la ville. Alors, il part travailler ailleurs, chez les Gautier qui commercialisent le bois eux aussi.

Quelques temps plus tard, à la mort du patron, il aide à régler la succession et épouse Louisette, la fille de ce dernier, emprunte 100.000 francs à sa famille et au Crédit Lyonnais, pour créer son propre négoce en bois. Nous sommes en 1962 et la première entreprise François Pinault voit le jour. Il a 26 ans. La méthode Pinault commence à s’appliquer. Observer les autres, analyser le fonctionnement de ses concurrents, faire autrement, être plus efficace. Il n’a plus de temps à perdre. Il voit grand, veut réussir et vite. Il veut dépasser ceux qui l’ont tant moqué. Rien ne s’oublie. Et lui aussi a envie d’une belle maison et de belles voitures…

Les débuts ne sont pas faciles mais il a en tête la phrase du père qui lui revient sans cesse « il ne faut jamais lâcher ». D’autant plus que le paternel n’est plus. François lui est fidèle à sa manière, il s’engage dans la même voie, mais il n’y a plus cette figure tutélaire et autoritaire pour le juger, pour le freiner. Le chemin n’est pas facile à frayer. Le marché est déjà phagocyté et on lui reproche son côté self-made man, un brin tête brûlée. 

Les fournisseurs lui imposent des prix qu’il juge exorbitant ? Qu’à cela ne tienne, il ira voir ailleurs !

Plus rien ne l’arrête, il n’a pas encore réussi qu’il achète en leasing un avion privé. Vole à travers la France et le nord de l’Europe, la Finlande, la Suède, la Scandinavie pour acheter du bois. Il a compris qu’il pouvait se passer d’intermédiaires et de courtiers, il veut tout faire lui-même, ne fait confiance qu’en lui-même ou presque. Avec son ami d’enfance devenu son bras droit Michel Pascerszky, ils sont vite surnommés « les yéyés du bois du nord » ! Les deux copains bossent comme des dingues, déchargent les camions, tractent les palettes, enchainent les rendez-vous.

Ses atouts ne s’apprennent pas à l’école : la ténacité et le bon sens. Il sait désormais soigner sa mise. Ce ne sont pas encore des costumes de grand luxe qu’il porte mais de bonne facture, il apprécie les bonnes coupes, les beaux tissus. 

L’homme voit grand, ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Nous sommes au début des années 1970, il agrandit son terrain de jeu en rachetant des dizaines de PME dans le secteur du bois. Il devient un boulimique de la réussite et de l’action. L’argent n’est pas seulement son moteur, il veut être respecté.  Pour y parvenir, il faut encore gravir un échelon ne plus être considéré comme un commerçant…

C’est désormais dans la finance qu’il se lance. Et en 1974, alors qu’il investit dans le sucre, sa fortune fait un bond. Sa mère a bien du mal à reconnaitre ce fils si ambitieux, si différent de ses frères et soeurs. « As-tu vraiment besoin de tout ça » lui dit-elle quand elle le voit accumuler biens et entreprises. Pas question de s’arrêter là pour autant. Il n’a pas encore appris à déléguer, alors les affaires c’est lui qui les conclue, avec toujours le même credo, ne pas perdre de temps. Son réseau commence à s’accroître au fur et à mesure que sa fortune augmente. En Corrèze, il rencontre Jacques Chirac, puis Bernard Arnault lorsqu’il lui rachète Conforama. Allez encore et encore ! Il rachète les magasins du printemps et la Redoute. Il peut encore compter sur le crédit Lyonnais qui prête à l’époque 3 milliards de francs.

Le groupe PPR prend désormais le nom d’Artémis avec des ramifications en tout genre. Bingo, il empoche 800 millions de plus-values entre 1992 et 2000. Le voilà à l’abri du besoin. La famille s’embourgeoise. Mais non, pourquoi s’arrêter en si bon chemin, la Fnac, le magazine Le point et une partie de Bouygues tombent dans son escarcelle.

L’homme d’affaires détient sa revanche. Il entre dans le club très fermé des milliardaires français. Jamais cette maxime « audace et générosité » ne le quitte, elle est celle des chevaliers du moyen-âge. Mais en réalité, ce qui le fait avancer c’est « ce qui ne s’apprend pas à l’école ». Son remarquable flair pour les affaires autant que pour les hommes est son meilleur diplôme. De ses racines bretonnes, il garde le sens du secret et du silence. Lorsqu’il prépare une OPA, il n’en parle à personne. Certains pensent qu’il suit le sens du vent, mais en bon connaisseur de l’art maritime, il sait mettre les voiles au bon moment et jeter l’ancre lorsqu’il le faut. Et puis, il revendique un sens de l’effort certain, les vacances ce n’est pas pour lui. Ses parents n’en ont jamais pris. François Pinault se dit un « handicapé des loisirs », pour lui, il n’y a ni vie mondaine, ni farniente. Il semble insatiable et se concentre jour et nuit sur ses affaires, tisse son réseau, inlassablement. Sa revanche à lui, c’est celle d’un milieu : paysan. Celle d’une terre : la Bretagne. Celle qu’il dit être mal-aimée, celle qui a servi de chair à canon, qui a été reléguée par son propre pays. Désormais le patriarche, c’est lui. Il a eu trois enfants avec Louisette, dont François-Henri, celui qui lui succèdera. Mais le mariage avec cette première épouse prend l’eau, il refait sa vie avec Maryvonne qui l’initiera à l’art, qui le fera entrer dans le grand monde. 

Que ressent-il en ce matin de 1993, quand il marche dans les allées de cet illustre vignoble ? Les raisins ont déjà cette belle couleur annonciatrice des vendanges à venir. En quatre jours, il rachète le domaine de Château-Latour, alors au plus bas. Certes il s’est mis à aimer le très bon vin mais il flaire surtout l’investissement royal. Il débourse 110 millions d’euros et fait le coup du siècle. Pinault a finalement appris à faire confiance à ceux qui l’entourent et qu’il choisit lui-même. Il place à la tête de ce premier cru l’un des siens. Ensemble, ils définissent une stratégie et la valeur du domaine est d’abord multipliée par huit ! 

Etre propriétaire d’un domaine dont le vin est le plus apprécié au monde, voilà de quoi réparer les injustices sociales de départ. Les quolibets pleins de mépris de ses camarades lui reviennent en tête. Il peut lever son verre à leur santé. Il est bien loin celui qui, à seize ans, se faisait traiter de cul-terreux. Il est des lames reçues qui deviennent des armes redoutables. Des armes puissantes qui se retournent contre ceux qui ont tenté de les planter.

Pinault ne lâche rien ; il n’est pas le genre à faire de grands discours, il se mûre la plupart du temps dans un silence qu’il ne rompt que lorsque la nécessité s’impose. 

Homme d’affaires intraitable, il aime rappeler qu’il conserve une âme d’enfant. Il n’a pas besoin de se retourner vers le passé pour savoir qui il est. Il est ancré dans cette terre calcaire qui l’a vu grandir.

Il n’y a guère que ses affaires et la Bretagne qui l’anime. Et dans ces deux domaines, il est capable de se battre au sang : « Quand on est dans la fosse aux lions, ou on se bat ou on meurt, connaissez-vous d’autres alternatives ? » dit-il. Il sait être, tour à tour, conciliant ou brutal.

Rien ne freine son ascension, il poursuit la construction de son empire. Quand il pose une pierre, il songe déjà à la suivante.  Direction le luxe toute. En 1999, son groupe se lance à l’assaut de la maison Gucci au travers une opération boursière retentissante. Il investit Sanofi beauté qui comprend Saint Laurent. C’est le début d’une nouvelle ère. Peu à peu, au début des années 2000, il passe la main à son fils François-Henri. Le groupe rebaptisé Kering se recentre totalement dans le domaine du luxe et devient rapidement le deuxième groupe mondial du luxe. Le chiffre d’affaires est hallucinant : 13,66 milliards en 2018, plus de 32 milliards de fortune familiale. La cinquième de France.

François Pinault n’aime pas regarder dans le rétroviseur, mais sa réussite est éblouissante, son ascension sociale fulgurante. Pourtant cet empire ne s’est pas construit sur un chemin de roses. Il y a eu les irrégularités fiscales et comptables, qui l’ont fait passer pour un marlou des affaires. On lui a reproché d’avoir écumer les tribunaux de commerce pour racheter des entreprises en difficultés et toucher les aides de l’Etat. Il a échappé de peu à la faillite et il y a eu des échecs retentissants comme celui du musée d’art contemporain de l’ile Seguin. Et pour finir, ses ennemis qui raillent sa folie des grandeurs. Mais Pinault, à plus de quatre-vingt ans, continue à suivre son credo, avancer toujours comme s’il en avait vingt. 

L’ancien « cul-terreux- n’a que faire des commérages. Sa passion pour l’art, à travers la fondation Pinault, le fait vibrer plus encore que sa première Porsche. Il ne possède pas de yacht comme les milliardaires mais un Falcon qui lui permet de courir les salles de vente du monde entier.

Il est aujourd’hui l’un des dix plus grands collectionneurs au monde. Sa collection est estimée à 1,5 milliards. Du Palazzo Gracci sur les bords du canal à Venise, en passant par la maison de vente aux enchères Christie’s à la bourse du commerce et la multitude d’œuvres d’art qu’il possède, le palmarès est vertigineux. Mais le petit breton de la Cour Heuzé subsiste en lui. Celui qui ouvrait un œil au chant du coq, heureux de vivre une nouvelle journée, est bien là. Celui qui se faisait traiter de cul-terreux n’est pas prêt de se séparer de son premier tableau acheté en 1970. Il se nomme « Cour de ferme en Bretagne » datant de 1891 du peintre Paul Sérusier.  La paysanne là, représentée sur la toile, celle avec sa coiffe blanche sur la tête et sa robe sombre tombant sur les chevilles, elle ressemble tant à sa grand-mère, Anne-Marie… 

A quoi ça tient une vie.

Texte & Voix : Valérie Trierweiller

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