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Brad Pitt, Le jour où il est devenu un sex symbol !

C’est la route en Amérique du Nord. Un fantasme, qui s’écoule comme un ruban noir infini, posé sur une terre ocre, brûlée par le soleil, et va se perdre là-bas dans le ciel bleu.

Une petite ville de bord de route.

Une station-service Texaco qui fait épicerie.

La voiture est garée devant.

C’est une Ford Thunderbird 1966, décapotable, verte.

Une voiture de légende qui va bien avec le décor.

On the road.

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Y a un vieux assis sur une chaise devant l’épicerie. Il a une chemise et un chapeau de cow-boy. Une petite moustache grise. Il regarde le monde. Y a une musique derrière. La guitare blues de Hans Zimmer. Le vieux regarde le monde qui passe. Il regarde Thelma.

Thelma est assise sur le siège passager de la Ford Thunderbird. Décapotée. Elle attend Louise qui est allée acheter des trucs à manger à l’épicerie.

Elle s’essuie le front avec un mouchoir. Il fait chaud.

Elle est belle Thelma.

Des cheveux qui tirent sur le roux avec le soleil. Coiffée en bataille par le vent. Une bouche pulpeuse, des lèvres rouges. Des grands yeux inquiets. Elle n’est pas tranquille, elle est nerveuse.

Elle se regarde dans le rétroviseur.

Remets un peu d’ordre dans sa chevelure. Un peu de brillant à lèvres. Du mascara.

Derrière elle, une silhouette floue.

Un homme au bord de la route. Il fait du stop. Marche doucement. Jean clair. Chemise en jean. Chapeau de cow-boy. Un sac de marin sur l’épaule.

Thelma le repère du coin de l’œil.

L’homme repère Thelma.

Il s’approche.

Thelma regarde dans le rétro.

Nous aussi.

L’homme s’approche.

Il n’est plus flou.

Il porte des lunettes de soleil, genre aviateur.

Il a l’air sur le lui. Il s’approche encore. Parviens à côté de Thelma. Se penche. Il a enlevé ses lunettes.

Il est beau. Jeune. Souriant. Charmeur.

Brad Pitt arrive dans l’histoire.

Un beau Gosse vient de naître à Hollywood.

Thelma est une femme au foyer des années 90 dans une ville de l’Arkansas.

L’Arkansas, c’est un état du sud, entre le Mississippi et le Texas. On n’est pas chez les intello. C’est la vie des classes moyennes qui croient au rêve américain.

Le mari de Thelma est un cliché de petit macho abruti, confit de sa réussite, bedonnant, qui écrase sa femme, le genre à rentrer du boulot crevé, s’affaler sur le canapé en cuir acheté à crédit, et réclamer son scotch soda à sa femme. Et sa femme, Thelma donc, soumise et dévouée, est entièrement à son service. Une vraie petite bobonne d’intérieur. Elle passe ses journées à lustrer les bibelots de mauvais goût qui habillent la maison neuve dans une banlieue, une suburb quelconque, entourée de centaines d’autres maisons semblables, avec garage, gazon et drapeau américain devant la porte.

Bref, Thelma n’aspire qu’à se caser. C’est ça qu’elle veut. Enfin, c’est ça qu’elle semble vouloir.

Sa copine Louise, c’est tout l’inverse. Indépendante, célibataire, elle un petit copain, mais elle n’est pas mariée. Elle travaille comme serveuse dans un dîner. Elle parvient à mettre des sous de côté.

Le détonateur de toute l’histoire, c’est elle.

Louise, propose à Thelma de prendre quelques jours de vacances. Une virée entre filles. Sans copain. Sans mari. Libres.

Thelma se laisse convaincre.

Louise vient la chercher, dans la Ford Sunderbird verte décapotable et décapotée.

Les deux jeunes femmes prennent la route, cheveux au vent, heureuses, excitées comme des ados qui partent en soirée.

Elles prennent la route.

Rock’n roll.

Le soir, elles s’arrêtent au Texas, dans un de ces bars où l’on boit, où l’on danse. Où l’on se drague.

Les hommes sont… Texans. Jeans, bottes, chemises à carreaux, chapeaux de cow-boy. Balaises, musclés, gros ceinturon, débordant d’hormones et de testostérones.

Thelma, l’ingénu se fait draguer. Elle suit le mâle sur le parking…

Le gars l’embrasse, la pelote, essaye d’ouvrir son jean… Thelma dessoûle d’un coup. Elle panique. Se débat. Le cow-boy ne lâche pas prise. Il va la violer.

Louise arrive. Elle est armée. Un revolver. Le violeur ne la croit pas capable de tirer. C’est juste une gonzesse. Grave erreur.

Louise tire et… Le tue…

L’histoire devient un road movie.

La fuite des deux filles.

Le but ? Rejoindre le Mexique. Passer la frontière. Elles ont tué un homme. Louise a pressé la gâchette. Thelma est complice. Aux Texas… On risque la peine de mort…

Pour fuir, il faut de l’argent.

Thelma n’a rien. On l’a dit, femme soumise. C’est le mari qui a le compte en banque.

Louise, elle, appelle son copain, lui demande de vider son compte, toutes les économies, et de lui envoyer le cash.

Elles ont de l’argent.

Une voiture.

De l’avance sur la police.

Elles roulent. Vers le sud. Vers le Mexique. Une dizaine d’heures de voiture.

Jouable.

Elles s’arrêtent pour prendre de l’essence.

Arrive l’auto-stoppeur.

Beau comme un jeune dieu.

Brad Pitt.

C’est lui qui va les plonger en enfer…

Brad Pitt séduit Thelma.

Deuxième scène, qui va définitivement l’envoyer sur le podium des beaux gosses hollywoodiens.

Il est avec Thelma dans une chambre d’un motel.

Il raconte qu’il braque des banques. Thelma est excitée. Elle rencontre un bandit ! Un beau et séduisant bandit ! Sa vie devient une aventure… Elle lui demande comment il fait. Comment on attaque une banque, qu’est-ce qu’on dit quand on commet un hold-up ?

Brad se lève du lit. Il est torse nu. Jeune. Mince. Musclé. Tablettes de chocolat. Pas un gramme de graisse. Un sourire à faire fondre la planète. Des yeux rieurs. Une gueule d’ange descendu de l’olympe.

Il mime un braquage en utilisant le sèche-cheveux comme revolver. Il bondit dans la chambre, s’adresse à un public imaginaire « Mesdames et messieurs, ceci est un hold-up »… Bandit charmeur, et sympa en plus…

Filmé par Ridley Scott, il est sublimé.

On n’en avait pas vu d’aussi beau depuis longtemps…

Il se penche sur Thelma. Les deux s’allongent sur le lit. Une lumière ambrée tombe sur le couple. Ils sont beaux. Ils s’embrassent.

Brad glisse vers son cou. Les seins.

Thelma ne sait pas le plaisir. L’amour, elle le connaît simple, conjugal, hygiénique…

Avec Brad… Elle s’envole…

Il lui offre son premier orgasme…

Ensuite… Et bien ensuite, il va voler leur argent aux filles.

Qui vont devoir à leur tour commettre des braquages. Être coursées par toutes les polices du Texas et finir en beauté, dans le ciel de l’Arizona, au-dessus du Grand Canyon dans un final qui a laissé les spectateurs pantois.

Thelma et Louise de Ridley Scott, sorti en 91, devient rapidement un film culte.

Le grand film féministe, le premier à donner le bon rôle à des femmes. Le premier road-movie plein de braquages, de poursuites, de flingues, dont les héros, sont des héroïnes.

Ridley Scott casse les codes d’Hollywood, il invente les femmes badass, mais au passage, il crée un sex symbol.

Brad Pitt.

L’histoire de Brad Pitt respecte à la lettre la légende de la réussite hollywoodienne. Le petit gars parti de sa province, le Missouri, avec 300 dollars en poche. Il monte dans sa vieille voiture, et prend la route de l’Ouest, jusqu’à l’Océan Pacifique, Los Angeles, Hollywood où il sera, acteur, c’est sûr. 

Des comme lui, garçons et filles, on en croise des wagons dans la cité des anges. Depuis la création d’Hollywood, ils sont des milliers chaque année à venir tenter leur chance. Pourquoi ? Et bien parce que de temps en temps, ça marche. Et il suffit d’un Brad Pitt pour que tous les autres tentent le coup. C’est comme le Loto. Y a toujours un gagnant. Des millions de perdants. Mais toujours un gagnant.

A Los Angeles, demandez à n’importe quel serveur, livreur, déménageur, quelle est sa profession, il vous répondra « acteur, là, je fais un p’tit job, mais en vrai, je suis acteur ». Pour la plupart, le p’tit job deviendra un job.

Pas pour Brad.

Il passe effectivement par la case galères…il fait serveur, déménageur, livreur, chauffeur de strip-teaseuses, serveur déguisé en poulet pour une chaîne de restaurants…

Il s’accroche. Il prend des cours de comédie. Et ça vient. Doucement. Des tous petits rôles. Des apparitions dans des séries télé. Des publicités.

C’est d’ailleurs une pub Levis qui va attirer Ridley Scott. Le réalisateur cherche une belle gueule pour séduire sa Thelma. Il tombe sur cette pub et craque. On le comprend. 

Tapez « pub Levis Brad Pitt » dans un moteur de recherche et vous allez voir…tout est là…le type craquant, séducteur, mais rassurant, peut-être un peu naïf, voire romantique. On sent un humour, un second degré, un œil brillant qui dit « je sais que je suis beau, je sais que vous voulez coucher avec moi…alors, on fait quoi ? ».

Il est parfait.

Ridley Scott l’engage.

Il n’apparaît que quelques minutes dans l’histoire de Thelma et Louise, mais Hollywood succombe.

Et 30 ans plus tard ?

Et bien 30 ans plus tard, nous enregistrons ce podcast en 2022, Brad Pitt est toujours là, toujours aussi beau, toujours aussi charmeur.

Et Thelma.

Ah…Thelma…elle…elle n’est plus là…

Le film de Ridley Scott était féministe. La réalité ne l’est pas. Les femmes ne vieillissent pas à Hollywood !


Texte & Voix : Eric Lange


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