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BENZEMA, une vie de procès !

Pour résumer Karim Benzema, on pourrait dire que sa vie est jalonnée de titres et de procès.

Des titres, il en a tellement gagné qu’il est impossible de les énoncer sans reprendre plusieurs fois son souffle.

Trois fois champions de France, une coupe de France, une coupe de la Ligue, deux trophées des champions, quatre championnats d’Espagne, deux coupes du Roi, quatre supercoupes d’Espagne, trois supercoupes de l’UEFA, quatre coupes du monde des clubs, quatre ligues des champions, voilà pour les titres en club, et il faut rajouter une ligue des nations avec l’équipe de France.

Maintenant, passons aux procès. C’est étonnant parce que la vox populi a tendance à retenir plus facilement les procès que les titres.

Et à retenir encore plus les éléments à charge que les acquittements.

Car oui, il y a eu beaucoup d’affaires Benzema.

C’est vrai qu’il en a eu des procès : procès au tribunal et procès d’intention.

Surtout des procès d’intention d’ailleurs.

Parce qu’au tribunal, il n’y est allé que deux fois : pour l’affaire Zahia et pour l’affaire de la sextape.

Hé oui, l’affaire Zahia a concerné aussi Karim Benzema, en plus de Franck Ribéry, Hatem Ben Arfa et Sydney Govou.

Cette affaire a un retentissement incroyable à l’époque ! Tout le monde s’en mêle et tout le monde s’emmêle les pinceaux.

Il faut dire que Zahia, que l’on pourrait qualifier de courtisane pour rester poli, était mineure au moment des faits.

Et les faits…et bien, un ou plusieurs joueurs, auraient eu des relations tarifées avec le jeune femme.

Rappelons que le détournement de mineure est puni de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Et même si depuis le tout début de l’affaire, c’est-à-dire devant les policiers qui ont mené l’enquête en toute discrétion, elle a toujours maintenu avoir caché le fait qu’elle était mineure. Mais la parole de la jeune fille ne suffit pas à éteindre l’incendie, la machine judiciaire puis médiatique s’est mise en route.

Roselyne Bachelot et Rama Yade avait même demandé que Benzema et Ribéry soient exclus de l’équipe de France jusqu’au verdict du procès.

Finalement, le verdict est tombé : non-lieu pour les footballeurs. 

Tout ça pour ça comme dirait Claude Lelouch.

Tout ça pour ça comme dirait Claude Lelouch.

La deuxième fois que Karim Benzema se retrouve au tribunal, c’est pour l’affaire dite de « la sextape ». Enfin, pas une sextape avec Karim Benzema, non, une sextape avec Mathieu Valbuena.

L’histoire est aussi longue que compliquée. 

Résumons : Mathieu Valbuena change de téléphone portable. Comme il n’est pas expert en maniement de smartphone, il demande à un proche de transférer ses données dans son nouveau téléphone. Au cours du transfert des données, ce proche découvre une vidéo coquine de Mathieu Valbuena et de sa copine. Cet homme fait une copie de la vidéo pour lui, et évidemment comprend vite qu’il peut en tirer de l’argent. De relation en relation, cette vidéo se retrouve chez un proche de Karim Benzema. 

Pourquoi chez un proche de Benzema ? 

Parce qu’à l’époque Valbuena joue à Lyon, ville d’où est originaire Benzema.

Ce proche de Benzema contacte Valbuena par téléphone et lui dit qu’il a la vidéo, mais jusque-là, sans demander d’argent.

À un rassemblement de l’équipe de France de foot, Benzema prévient Valbuena qu’il a vu la vidéo et que le type va certainement, peut-être, rien n’est sûr, lui demander de l’argent.

Ce qui ô surprise, ô coup de théâtre, arrive. 

Benzema téléphone à Valbuena et lui conseille de payer afin d’être tranquille. D’un strict point de vue de footballeurs millionnaires, les quelques 50 000 euros demandés ne sont pas une montagne.

Benzema se retrouve pourtant accusé d’avoir participé au chantage.

Au procès, il plaidera la bonne foi. 

Évidemment, pour lui dont la fortune est estimée à 70 millions d’euros, à quoi bon se mouiller pour quelques milliers d’euros.

C’est une question que les juges ont dû se poser. 

Quant à savoir s’ils y ont répondu, pas sûr…

Mais ce qu’on retient surtout de cette affaire de la sextape, c’est qu’avant même le procès, le président de la fédération Française de foot demande l’exclusion temporaire de Benzema de l’équipe de France. 

Tout comme le 1er ministre de l’époque, Manuel Valls. Et également beaucoup de politiques et de chroniqueurs pigistes en mal d’existence médiatique.

Mais le point qui faillit être de non-retour entre Benzema et Didier Deschamps donc de l’équipe de France, c’est l’histoire du tag.

Peu après son éviction décidée par le président de la FFF, beaucoup ont dit qu’on faisait un exemple de Benzema parce qu’il était issu de l’immigration et qu’on n’aurait jamais fait ça avec un Gaulois pure souche. Est-ce cette polémique qui a fait faire cette déclaration à Benzema, toujours est-il que dans une interview au journal espagnol Marca, il déclare que Deschamps a cédé à une partie raciste de la France.

C’est inacceptable pour le sélectionneur des bleus.

D’autant plus qu’il retrouvera sa maison taguée de messages l’accusant d’être raciste.

C’est, pour Didier Deschamps, l’insulte suprême.

On pense que c’est allé trop loin et que la vie en bleu de Benzema est terminée. Mais finalement, ils se revoient, entre quatres yeux comme on dit et se parlent franchement.

Donc Karim revient en équipe de France après quasiment cinq ans d’absence. 

Et à voir son émotion, il faut être d’une vraie mauvaise foi pour dire qu’il n’aime pas son pays.

L’amour de son pays, justement, parlons-en. En voilà un vrai et beau procès d’intention. 

Encore jeune joueur à l’Olympique Lyonnais, le jeune Karim Benzema donne une interview à RMC et explique, assez maladroitement, il faut le dire, qu’il aime l’Algérie, pays de ses parents, et la France, son pays, mais qu’il privilégie l’équipe de France pour le côté sportif. L’explication n’est pas très claire, brouillonne pour tout dire. 

Certains commentateurs et journalistes laissent entendre qu’ils ont compris que pour le joueur, seul l’intérêt sportif de l’équipe de France l’intéresse, mais que son cœur penche vers l’Algérie.

Mais il n’y pas, sur le moment, de vraie polémique. 

Enfin, il n’y a pas de polémiques jusqu’à la polémique du crachat pendant la Marseillaise. On est alors au lendemain des attentats du Bataclan, et pendant l’hymne français joué en hommage avant un match à Santiago-Bernabéu, le stade du Real Madrid, Karim Benzema crache.

Scandale, la France est au bord de la guerre civile.

Quelques politiques de droite et d’extrême droite s’offusquent et demandent son retrait de l’équipe de France.

Conscient que le timing de son crachat n’était pas optimum, Karime Benzema s’excuse publiquement et conteste fermement ce qu’on lui reproche, lui qui a fait part de toute son empathie envers les victimes du 13 novembre.

À propos de rapport avec la France, il faut souligner que les journalistes des Football Leaks ont révélé que ses sociétés sont domiciliées en France où il paie 33 % d’impôts alors qu’il en paierait 5 % en Espagne.

À ce titre, il peut être considéré comme un patriote fiscal. 

Après avoir passé en revue toutes ces affaires, pourquoi Benzema suscite-t-il autant la polémique ?

Peut-être parce que c’est un très mauvais communicant.

Il va visiter des enfants malades dans les hôpitaux, mais refuse de le faire s’il y a des caméras.

Il aide beaucoup de gens de son entourage, paie des loyers pour des proches, embauche des amis qui sont sans-emploi, mais il n’en parle pas.

Et puis ça fait 12 ans qu’il est l’attaquant titulaire du Real Madrid, il est multimillionnaire, il a tout gagné, qu’est-ce qu’il aurait encore à prouver ?

Ce qui est déconcertant avec lui, c’est qu’il dit toujours les choses simplement.

Dès qu’il a quelque chose à dire, on a le sentiment qu’il dit la vérité.

Ça plaît ou ça plaît pas, mais c’est la vérité.

Et on ne peut pas lutter contre la vérité.

Finalement, et s’il s’en fichait de ce qu’on dit ou pense de lui…?

Texte : Philippe Husson

Voix : Eric Lange

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