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Elvis est seul. Enfin, pas tout à fait… Il a sa guitare ! Avec elle sous le bras, il passe ses nuits à écouter du blues dans les salles du centre-ville de Memphis. 

Sans aucune formation musicale, et ne sachant même pas lire une partition, il s’imprègne de la musique afro-américaine : le black blues et le gospel. 

Cet après-midi-là, pour la grande fête de fin d’année du Lycée, un concours de jeunes talents est organisé. Pour l’événement, bon nombre d’habitants de la ville de Memphis viennent se mêler à la foule d’élèves. Pour le jeune Presley, l’occasion de prendre sa revanche est trop belle ! 

Devant un parterre d’étudiants, le jeune chanteur joue de ses talents d’amuseur en interprétant avec brio les chansons à succès de l’époque. Sa voix charismatique et son incroyable jeu de scène provoquent très vite l’hystérie de la foule. 

Sous un tonnerre d’applaudissements, Elvis exécute un rappel et remporte le concours. 

Malgré le succès que le jeune adolescent rencontre maintenant au sein de son lycée, cette période reste un moment difficile de sa vie. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses parents, il doit lui aussi travailler. 

Tous les jours, à la sortie du lycée, Elvis endosse le costume d’assembleur dans un magasin de meubles du quartier. Tard le soir, épuisé, le jeune garçon rentre chez lui, seul dans la nuit noire des rues de Memphis…

1953, à tout juste 18 ans, Elvis obtient son diplôme universitaire. Dès lors, il enchaîne plusieurs emplois, notamment celui de chauffeur pour les camions de la Crown Electric, une entreprise de livraison de la ville. 

Mais pour ce fou de musique, seuls comptent le gospel, la country et le rythm and blues. 

Elvis Presley poursuit donc son rêve musical et décide de tenter sa chance en réalisant une démo dans les studios Sun Records du producteur Sam Philips.

Sa reprise de That’s all right Mama surprend le propriétaire du label, qui décide immédiatement de prendre le jeune interprète sous son aile… 

Les influences musicales d’Elvis sont définitivement marquées par son milieu social. 

Grâce à la musique gospel qu’il entend à l’église depuis l’enfance, et aux nombreuses sessions nocturnes auxquelles il assiste dans les rues de Memphis, Elvis a absorbé le R&B noir, la country et la musique Pop’.

En défiant toutes les barrières sociales et raciales qui se dressent à l’époque, Elvis Presley inaugure une toute nouvelle ère de la musique et de la culture populaire américaine. 

Avec son nouveau label, RCA Records, qu’il rejoint en 1955, Elvis Presley sort officiellement dans tout le pays, son 1er single : Heartbreak Hotel. 

En seulement trois semaines, plus de 300 000 exemplaires sont vendus ! 

Un record qui lui offre son 1er disque d’Or. 

Dans la foulée de ce succès, son 1er album, intitulé Elvis Presley, s’écoule à plus d’un million d’exemplaires. 

En 1956, les studios de cinéma de la Paramount Pictures, désireux de s’accaparer rapidement l’idole des jeunes, lui offrent un contrat mirobolant. À 21 ans, Elvis s’engage pour sept ans avec la Paramount.

Dès lors, Elvis Presley est partout, comme musicien, mais aussi, comme acteur. 

En 1956, Love Me Tender, son premier film, remplit les salles de cinéma de New York. 

Avec un tel succès au box-office et près de 22 millions de dollars de merchandising sur son image, l’icône du rock n’roll ne tarde pas à passer les frontières.  

Son ascension fulgurante fait grincer des dents aux conservateurs de la société américaine. 

Il est pervers, immoral. Son déhanchement est trop sexy. Il est dangereux pour la jeunesse américaine. Sa musique est diabolique ! 

Mais le succès d’Elvis est un tsunami qui balaye les critiques du vieux monde. ! Ses apparitions télé se multiplient et les recettes atteignent des chiffres record.

En à peine 3 ans, sa vie a basculé. 

Adulé par la jeunesse du monde entier, le chanteur est harcelé par de nombreux fans.  

En mars 1957, il achète le manoir de Graceland, à Memphis, et s’y barricade. 

En grand passionné de bandes dessinées, c’est là, seul, que l’artiste passe le plus clair de son temps. 

Car maintenant, chacune de ses sorties est soigneusement planifiée et rigoureusement encadrée par un service de sécurité.

Comme ce jour où, Elvis et son vieux copain d’enfance Jerry Schilling décident d’aller à Libertyland, le parc d’attractions de la ville.

Un coup de téléphone de son label suffit à faire immédiatement fermer le parc au public. Les 2 compères profitent seuls des manèges, des jeux, et autres stands de hot-dogs ou barbe à papa jusqu’au petit matin. 

Mais la fête et les grands privilèges seront de courte durée…

Ce matin du 20 décembre 1957, à quelques jours des fêtes de Noël, Elvis reçoit son avis de convocation pour rejoindre les rangs de l’US Army. Le service militaire est obligatoire. 

Au sommet de sa carrière, et malgré son statut de star, Elvis Presley part sous les drapeaux.

Il est incorporé en Allemagne de l’Ouest où, nous sommes en pleine guerre froide, les forces américaines sont encore déployées.

Bouleversé à l’idée de mettre un terme à sa carrière, l’artiste n’a pourtant pas le choix… 

À 23 ans, il se doit de montrer l’exemple et répondre aux exigences du peuple Américain : 

Ne pas déshonorer son pays, et prouver que c’est un homme de devoir soumis aux mêmes règles que ses concitoyens ! 

Adieu la banane, place au képi. 

En 1959, lors d’une petite soirée organisée à la base de Ray Barracks, à Friedberg, Elvis fait la connaissance de Priscilla Beaulieu, une toute jeune fille de 14 ans.  

Elle est la fille d’un pilote de l’armée américaine, lui aussi en mission en Allemagne. Elvis tombe immédiatement sous le charme de l’adolescente. Quelques années plus tard, Priscilla deviendra sa femme et la mère de sa fille unique : Lisa-Marie Presley.

Le 5 mars 1960, après 2 ans de service, Elvis Presley atteint le grade de Sergent et rentre au pays.  

Et son public l’attend ! 

Rassuré de voir que son passage dans l’armée américaine n’a pas mis un frein à sa carrière, il enchaîne une longue série de tubes.

Au même moment, les parents de la jeune Priscilla acceptent de la laisser partir pour Memphis. Après 2 ans d’une attente interminable, les 2 amoureux sont de nouveau réunis et coulent des jours heureux dans la propriété de Graceland.  

Mais la concurrence arrive. D’Angleterre. C’est l’invasion anglaise avec les Stones et les Beatles. Le rock change. Il évolue. Elvis n’est pas dépassé mais…il n’est plus le seul. Il est moins populaire.

Coté cinéma, ça ne va pas terrible non plus.

Les critiques des films dans lesquels il joue : Girls, Girls, Girls (en 1962) et Viva Las Vegas (en 1964) ne font plus l’unanimité.

A la fin des années 60’, Elvis décide d’abandonner les films bancals que lui propose Hollywood. Une sorte de retraite dorée, la première. 

Les mois passent et le chanteur traverse une longue période de doutes. 

Mais sa crise artistique prend fin le 3 décembre 1968, jour où la chaîne NBC l’invite à se produire sur scène pour une émission spéciale, un concert télévisé baptisée  “68 Come-back“.

Après 7 ans sans la moindre performance musicale en Live, Elvis fait son retour sur scène. Il signe l’un des plus grands succès d’audience de l’histoire du petit écran. 

Adieu les simples balades pour consommation rapide, Elvis Presley revient en force avec son sex-appeal, son attrait, son sourire charmeur et cette voix unique. 

Le “King is Back“ !

Avec ses pas de danse : le windmill (« moulin à vent »), les rubber legs (« jambes en caoutchouc »), et surtout son emblématique coupe de cheveux : une coupe Pompadour, brillante grâce à l’huile de rose et de jojoba et tenue à grands coups de vaseline et de laque, le « King » devient une légende de la culture populaire mondiale. 

Mais avec le succès, la gloire, viennent aussi les excès.

Au mois de février 1972, lassée par les exigences de son mari, Priscilla et Lisa-Marie, sa fille chérie, quittent la maison. RR

Elvis plonge dans la toxicomanie.

Dans la 2e partie des années 70, et après une seconde overdose de barbiturique, il se terre dans le monde imaginaire de son manoir de Graceland. 

Emprisonné dans un corps qu’il déteste, l’artiste se perd dans l’alcool, la malbouffe, et la consommation excessive de médicaments…

Lors de son dernier concert, à Indianapolis, un mois et demi avant sa mort, il est si gros que ses deux costumes traditionnels de scène se déchirent l’un après l’autre. 

L’odeur corporelle provoquée par sa prise de poids envahit les coulisses et le rend mal à l’aise.

Elvis, dont l’obsession est d’être toujours parfait, devient insomniaque, dépressif, obèse, sujet à l’hypertension. Il souffre d’un glaucome. Le chanteur consomme tous les jours un peu plus de médicaments. 

 

Elvis a toujours refusé de consommer des drogues illicites. Il s’engage dans la lutte contre les stupéfiants.

En revanche, les drogues légales, celles que ses médecins et lui-même se prescrivent quotidiennement, l’artiste en raffole : 

Des tonnes de somnifères pour s’endormir, des énergisants pour se réveiller, des pilules pour soigner sa constipation, d’autres pour le maintenir debout. 

Dépendant à la cortisone et aux anti-dépresseurs, Elvis n’est plus que l’ombre de son passé, l’ombre fatiguée du chanteur qui a porté le rock au rang de révolution mondiale.

Le 16 août 1977, à 42 ans, Elvis Presley est retrouvé mort, assis sur la cuvette des toilettes de la salle de bain de Graceland…

Souffrant de constipations chroniques, il est victime d’une insuffisance cardiaque liée certainement à sa surconsommation de médicaments. 

Malgré son déclin accéléré, Elvis Presley est devenu l’une des figures les plus importantes de l’histoire de la musique populaire, comme en témoignent ses plus de 100 disques d’or, de platine et multi-platines.

Il est enterré dans sa propriété, près des tombes de sa mère Gladys et de son père Vernon.

Chaque année, le 16 août, au soir de l’anniversaire de sa mort, des milliers de fans du monde entier s’y rassemblent pour une veillée spéciale en l’honneur du “King“.

Toute la nuit, des centaines de milliers de bougies illuminent Graceland en la mémoire de celui qui a fait de la ville de Memphis, la Mecque du Rock n’Roll.